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Lettre ouverte sur l’ego, l’égocentrisme, leurs essences philosophiques et leurs implications dans le service de la DNBK en Belgique

Pierre Chalmagne, Instructeur Chef à la DNBKID

Soke Pierre Chalmagne

"Le secret est dans toute chose et tout d’abord en nous-mêmes"
K.G. Dürckeim


1. La vision philosophique


L’Ego

Il ne faut pas confondre l’égo et égocentrisme. L’égo est la représentation et la conscience que l’on a de soi-même. L’égo est le moi, l’identité revendiquée par chaque individu. C’est une entité qui se sent unique, souvent détachée du monde. L’égo (la conscience d’exister) est un des éléments de construction de la personnalité.

Il ne faut pas oublier que la construction de la personnalité doit porter sur le conscient, mais aussi sur l’inconscient. Ces deux entités, conscient et inconscient, doivent être harmonisées, pour coopérer au lieu de s’opposer.

La construction d’un égo fort rassure l’être humain sur sa valeur, elle engendre la confiance en soi. Mais cette construction d’un égo fort devrait permettre d’englober l’entièreté de l’univers et de prendre conscience de notre interdépendance avec tous les êtres.

La prise de conscience de cette interdépendance renforcera notre empathie et notre compassion pour les autres, surtout pour les plus faibles et les plus pauvres de notre société.

La personnalité de l’être humain ne sera globale et complète que si l’on associe le Moi et le Toi.

L’Egocentrisme

L’égocentrisme, c’est se centrer sur l’égo, sur soi-même, c’est créer une séparation, une dualité avec les autres et avec l’univers.

Concrètement, l’égocentrique pense tellement à lui-même, à ses projets, à son devenir, qu’il ne participe pas au "service" dans la société ou dans son organisation. Certains sont toujours là pour recevoir, jamais pour donner.

L’égocentrisme est un obstacle qui nous empêche d’être reliés aux autres. Un égo surdimensionné n’est pas un bon miroir de nous même et de ce qui nous entoure. Quand l’illusion de la séparation avec l’autre disparaît, la compassion s’écoule naturellement du cœur, l’autre cesse d’être perçu comme "l’autre".

Maître Dôgen – un des fondateurs du Zen Soto (la méditation sans objet) - disait : "Etudier la voie du Bouddha, c’est s’étudier soi-même. S’étudier soi-même, c’est s’oublier soi-même. S’oublier soi-même, c’est être éveillé à toutes les existences".

La voie, c’est s’oublier soi-même, et l’oubli de soi, c’est faciliter l’accès aux autres. C’est aussi la pratique de la tolérance. La "conscience Aiki" devrait être un espace de compassion, qui permet l’unité avec l’Autre, dans le respect des différences. Mais pour cela, il faut abandonner l’égocentrisme.


2. Les applications à la branche Belge de la DNBK


La "voie", c’est aussi un chemin de perfectionnement pour le pratiquant, un chemin pour devenir meilleur et être capable ensuite d’améliorer la société, notamment l’organisation dans laquelle on s’est engagé. Je parle de la DNBK!

La philosophie de la DNBK est axée sur un développement équilibré entre l’esprit, la technique et le corps (Shingitai), mais elle donne la priorité à la qualité du mental (Shin) de ses membres.

L’égocentrique a un très mauvais "mental", il s’intéresse à lui seul, à son propre développement. Il n’est nullement orienté vers l’assistance aux autres, vers une optique de "prospérité mutuelle" chère à Jigoro Kano. Il ne mérite pas d’évoluer en grade et en titre, car sa vision est complètement faussée par son égocentrisme.

C’est une attitude contestable de s’affilier à la DNBK uniquement pour y recevoir des grades et des titres et pouvoir seulement se prévaloir de l’appartenance à cette prestigieuse organisation nipponne qu’est la DNBK, pour mieux développer sa carrière et ses projets personnels. Ce point de vue est tout à fait partagé par le Hanshi Hiroyuki Tesshin Hamada, président de la Division Internationale et vice-président du Honbu japonais de Kyoto.

J’invite ceux qui seraient concernés à améliorer leur façon de penser et à se comporter autrement, en s’engageant à mes côtés, pour que nous puissions - tous ensemble - développer la DNBK dans notre pays, de manière plus significative.

Notre société de consommation a trop mis l’accent sur la recherche du profit personnel et de l’efficience à des fins égotiques, ce qui a engendré des dérives inacceptables, en tous genres.

Mon rôle de Daihyo est de soutenir les pratiquants, notamment dans leur progression, mais en éclairant leur voie pour qu’ils puissent développer une vision juste et participer à un engagement minimum dans la DBNK.

Ma mission est de développer la DNBKID, prioritairement en Belgique, au plan quantitatif, mais aussi au plan qualitatif, en privilégiant l’esprit juste et l’harmonie réciproque au sein de l’organisation. Et pour pouvoir le faire, j’ai besoin de la participation et de l’assistance de tous.

Le Soke Miura Takeyuki Hidefusa, Hanshi, Sôshihan, 10e Dan - qui fut président du Honbu de la DNBK – avait coutume de dire que la valeur de l’esprit représentait la principale composante de la valeur martiale.

Je fus impressionné lors de ma rencontre avec lui, en 1998 (alors que je venais d’être examiné et promu 8e Dan Hanshi à Virginia Beach USA) par l’importance qu’il accordait aux vertus martiales (Butoku), fer de lance de la Dai Nippon Butoku Kai.

A la veille du XXIe siècle, il nous incitait à nous impliquer au sein de la DNBKID, en matière d’affiliations nationales et de participations aux Butoku Sai et aux Rensei Taikai, aux côtés du Hanshi Hamada.

En Belgique, j’ai actuellement la chance de disposer d’un Comité de Direction constitué de collaborateurs loyaux, fidèles, dévoués et sérieux, qui travaillent dans le respect, sans idée de profit, avec une grande efficacité dans la gestion de l’organisation. Mais si nous voulons développer de manière significative la DNBK en Belgique et soutenir la Division Internationale, nous aurons besoin d’une aide accrue des responsables de Dojo et aussi du soutien de leurs pratiquants.


3. Assistance concrète à la DNBK Belgium et à l’Aiki In Yo Ryu (2014)


Notre campagne d’affiliations et de réaffiliations "DNBK 2014" a débuté le 1er octobre, elle se terminera vers le 15 décembre 2013. Profitez de cette opportunité pour soutenir "ici et maintenant" l’organisation dont vous êtes membres, en affiliant un maximum de vos pratiquants. C’est l’occasion de vous montrer coopératifs et de permettre une bonne évolution de la DNBK en 2014.

N’oubliez pas que le 25 janvier 2014, aura lieu le "Kan Geiko" et ensuite la célébration officielle du "Kagami Biraki" DNBK en Belgique.

Sachez que cet événement annuel se fête dans tous les pays de la DNBKID pour créer une harmonie et une communion de pensée entre tous les pratiquants de la Division Internationale et ceux de la DNBK Japon.

Secondairement, c’est aussi une activité officielle de mon Ecole Traditionnelle.

En y participant, vous m’apportez donc un double soutien !
D’abord en tant que Daihyo DNBKID, mais aussi en tant que Soke AIYR.

Bien merci d’avance…

Je vous souhaite de pouvoir vous réaliser pleinement au sein du Shibu Belge.


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