Vous êtes ici

Musubi

Musubi

Hanshi Pierre Chalmagne So Shihan Butokukai (Kyoto)

Le MUSUBI est le processus d'unification des contraires (du Yin et du Yang), mais c'est aussi le mouvement, car sans mouvement, l'union des polarités opposées est impossible. Le MUSUBI est aussi un processus de mutations des contraires : la seule constante dans l'Univers est le changement : le Yin devient Yang et inversement. C'est l'alternance ou la mutation, l'impermanence (Mujo).

Le secret des arts martiaux se trouve dans la mobilité : si, au lieu de résister à la force d'une attaque, on accepte le mouvement, l'adversaire est alors happé dans le vide ainsi créé et dans la sphère de contrôle. Cependant le corps ne peut agir seul, il est toujours conduit par l'esprit.

L'esprit du cercle est la condition "sine qua non" de l'unification des contraires. Un mouvement en cercle ou en spirale permet un changement subtil de direction. Les deux énergies se trouvent alors rassemblées : c'est le MUSUBI. Il ne faut pas non plus oublier l'importance de la respiration, le KOKYU. En inspirant (Yin), on rassemble l'énergie et en expirant (Yang), on la libère.

Le Musubi est en phase avec la doctrine de l'AIKI IN YO HO. Cette doctrine est axée sur l'harmonie de l'esprit et basée sur le concept du Yin Yang (In Yo en japonais). La doctrine fut élaborée par l'érudit néo-confucéen Takeda Takumi no Kami Sôemon (1758-1853) du clan Aizu.

La grille de lecture de ce principe peut se résumer comme suit : c'est une méthode (Ho) de l'harmonisation des esprits et des énergies (Aiki) basée sur l'alternance des polarités In Yo. Le terme "Aiki" est ici un concept général d'harmonisation (à travers les arts martiaux), il est valable pour tous les Budo. Ce principe exige, répétons-le, des mouvements circulaires qui seuls permettent cette harmonisation.

L'entraînement avec les armes est un complément intéressant au travail à mains nues, car il nécessite une grande précision et une concentration plus intense. Le contrôle de la distance, de la vitesse et de la posture est essentiel. Ces apports nous serons utiles dans le Tai-jitsu (travail à mains nues). Répétons enfin que le Sabre et le Jo ont des spécificités propres :

  • Le travail du Jo est fluide, toujours en mouvement, souvent en cercle. Il est donc plus féminin et donc Yin.
  • Le travail du Sabre est plus construit, orienté dans l'espace par son tranchant. Il est donc plus masculin, donc Yang.

Le Jo et le Sabre se construisent le plus souvent avec des déplacements et des frappes circulaires, parfois entrecoupés de Tsuki. L'étude des Kata, des Kumijo et des Kumitachi ne pourra donc qu'améliorer nos techniques de Tai-jitsu. Elles s'inscrivent aussi dans le Musubi.

Et, en parlant d'amélioration, sachez que chaque erreur dans l'entraînement qui est conscientisée est une porte ouverte vers une évolution possible. Sans erreur, il n'y a pas de changement, ni de perfectionnement possible. C'est pourquoi nous devons tous conserver l'esprit du débutant. En effet, si nous croyons que notre technique est très bonne et sans erreur, nous serons figé dans notre esprit et dans notre devenir, nous ne pourrons plus nous adapter pour tenter d'évoluer petit à petit vers l'excellence.

En hommage aux trois grands maîtres fondateurs des Budo modernes:

Jigoro Kano, grand maître fondateur du Judo en 1880:

Jigoro Kano

Suite à une ordonnance impériale datant de 1876 (Hatorei) interdisant le port du sabre, Jigoro Kano ouvrit la porte à la naissance des Shin Budo, en créant le Judo à partir du Jiu-jitsu. Il fut Conseiller à la Dai Nippon Butoku Kai, créée en 1885 à Kyoto, et obtint le titre de Hanshi de cette prestigieuse organisation dirigée, depuis le début de sa création, par un membre de la famille impériale et reconnue par le gouvernement japonais. Le Butokukai comprend les plus grands maîtres actuels d'arts martiaux japonais

 

Gichin Funakoshi, grand maître fondateur du Karatédo en 1930:

Gichin Funakoshi

Gichin Funakoshi fut, parmi les grands maîtres de " l'Okinawa-Te ", celui qui parvint le mieux à intégrer cette discipline dans la culture de l'époque (de la recherche du Do à travers un art martial). Il transforma le Karaté-jitsu en Karatédo pour en faire, comme Jigoro Kano, une voie d'évolution, un système éducatif. Il fut aussi Conseiller à la Dai Nippon Butoku Kai, qui lui attribua le titre de Hanshi pour son œuvre créatrice du Karatédo moderne. Maître Gichin Funakoshi reste la référence pour beaucoup de Karatéka.

 

Morihei Ueshiba, grand maître fondateur de l'Aikido en 1942:

	Morihei Ueshiba

Morihei Ueshiba enseigna très longtemps son art martial sous le nom de Aikijiu-jitsu, puis sous le nom de Aiki-Budo. Il fut Conseiller à la Dai Nippon Butoku Kai. C'est en 1942 qu'il envoya Minoru Hirai (directeur général au Kobukan) au siège de la Dai Nippon Butoku Kai, pour exprimer ses nouvelles idées, afin changer le nom de son Budo et le faire reconnaître officiellement par cette organisation gouvernementale. L'Aïkido était né en tant que " voie de l'harmonisation des énergies ". Pour sa coopération à la création d'un système unifié, basé sur le concept général de " Aïki ", la Dai Nippon Butoku Kai conféra également à Minoru Hirai le titre de Hanshi.

 

Ces trois maîtres fondateurs créèrent des disciplines martiales dont le commun dénominateur est le "Do" qui signifie la Voie ou plus précisément "le cheminement d'un homme qui cherche sa Voie". Dans les Budo traditionnels, toute idée de sport ou de compétition est exclue. Il ne s'agit pas d'être le meilleur (pendant un temps très court), mais de rechercher l'excellence pendant une vie entière.


Etiquettes: